{
    "case_number": "CAC-ADREU-008950",
    "time_of_filling": "2026-06-02 09:56:45",
    "domain_names": [
        "soverin.eu"
    ],
    "case_administrator": "  Iveta Špiclová   (Czech Arbitration Court) (Case admin)",
    "complainant": [
        "Ms. Genevieve O'Kelly (Soverin B.V.)"
    ],
    "complainant_representative": null,
    "respondent": [
        "M. Michel Verhaeghe de Naeyer (Soverin SA)"
    ],
    "respondent_representative": null,
    "factual_background": "<p>Le requ&eacute;rant est la soci&eacute;t&eacute; Soverin B.V., une soci&eacute;t&eacute; de droit n&eacute;erlandais (ci-apr&egrave;s le &laquo; Requ&eacute;rant &raquo;), constitu&eacute;e le 25 septembre 2014, repr&eacute;sent&eacute;e par Madame Genevieve O&rsquo;Kelly. Il est actif dans la fourniture de services en ligne, notamment de services de messagerie &eacute;lectronique dits &laquo; privacy-first &raquo;.<\/p>\n<p>Le Requ&eacute;rant invoque des droits sur la d&eacute;nomination &laquo; SOVERIN &raquo;, r&eacute;sultant de la marque verbale Benelux &laquo; SOVERIN &raquo; n&deg; 1531702 et de la marque verbale internationale &laquo; SOVERIN &raquo; n&deg; 1891052, toutes deux enregistr&eacute;es au nom de sa soci&eacute;t&eacute; holding TSG Online BV, ainsi que de sa d&eacute;nomination sociale et de droits non enregistr&eacute;s qu&rsquo;il estime avoir acquis par un usage commercial continu de cette d&eacute;nomination depuis 2014.<\/p>\n<p>Le d&eacute;fendeur est SOVERIN SA, une soci&eacute;t&eacute; anonyme belge active dans l'administration de biens immobiliers et op&eacute;rant comme soci&eacute;t&eacute; holding (ci-apr&egrave;s le &laquo;&nbsp;D&eacute;fendeur&nbsp;&raquo;), repr&eacute;sent&eacute;e par Monsieur Michel Verhaeghe de Naeyer. Cette soci&eacute;t&eacute; a d&eacute;but&eacute; ses activit&eacute;s commerciales le 22 d&eacute;cembre 1999 sous la d&eacute;nomination SOVERIN, puis a fait l'objet d'une fusion par absorption le 30 novembre 2017 par la Compagnie Financi&egrave;re des Bruy&egrave;res SA (&laquo; Cofibru &raquo;), laquelle a poursuivi ses activit&eacute;s sous la d&eacute;nomination SOVERIN SA.<\/p>\n<p>Le nom de domaine &lt;soverin.eu&gt; (ci-apr&egrave;s le &laquo;&nbsp;Nom de Domaine&nbsp;&raquo;) a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; par le D&eacute;fendeur le 14 juin 2006. Le Nom de Domaine est principalement utilis&eacute;, selon les pi&egrave;ces produites par le D&eacute;fendeur, comme infrastructure de messagerie &eacute;lectronique, plut&ocirc;t que pour l'exploitation d'un site internet actif.<\/p>\n<p>Le 2 juin 2026, le Requ&eacute;rant a introduit une requ&ecirc;te (ci-apr&egrave;s la &laquo; Requ&ecirc;te &raquo;) en application des r&egrave;gles relatives au r&egrave;glement des litiges concernant les domaines .EU (ci-apr&egrave;s les &laquo;&nbsp;R&egrave;gles ADR&nbsp;&raquo;), demandant que le Nom de Domaine lui soit transf&eacute;r&eacute;.<\/p>\n<p>Le D&eacute;fendeur a d&eacute;pos&eacute; une r&eacute;ponse le 18 juillet 2026 (ci-apr&egrave;s la &laquo;&nbsp;R&eacute;ponse&nbsp;&raquo;), avant l'expiration du d&eacute;lai de r&eacute;ponse fix&eacute; au 27 juillet 2026.<\/p>",
    "other_legal_proceedings": "<p>Le Tribunal n'a &eacute;t&eacute; inform&eacute; d&rsquo;aucune autre proc&eacute;dure en cours relative au nom de domaine &lt;soverin.eu&gt;.<\/p>",
    "discussion_and_findings": "<p>Le Tribunal constate tout d'abord que le Requ&eacute;rant est une soci&eacute;t&eacute; &eacute;tablie aux Pays-Bas et ayant son si&egrave;ge sur le territoire de l'Union europ&eacute;enne. Il satisfait d&egrave;s lors aux conditions g&eacute;n&eacute;rales d'&eacute;ligibilit&eacute; &agrave; l'enregistrement d'un nom de domaine &laquo; .eu &raquo; pr&eacute;vues &agrave; l'article 3 du r&egrave;glement (UE) 2019\/517.<\/p>\n<p>Conform&eacute;ment au paragraphe B11(d)(1) des R&egrave;gles ADR, il appartient au Tribunal de d&eacute;terminer si:<\/p>\n<p>(i) le nom de domaine est identique ou similaire au nom sur lequel le droit national de l&rsquo;&Eacute;tat membre et\/ou le droit de l&rsquo;Union europ&eacute;enne reconnaissent ou &eacute;tablissent un droit&nbsp;; et<\/p>\n<p>(ii) soit le nom de domaine a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; par le D&eacute;fendeur sans droit ni int&eacute;r&ecirc;t l&eacute;gitime sur le nom de domaine&nbsp;;<\/p>\n<p>(iii) soit le nom de domaine a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; ou est utilis&eacute; de mauvaise foi.<\/p>\n<p>Le Tribunal a consid&eacute;r&eacute; ci-dessous chacun des &eacute;l&eacute;ments susvis&eacute;s.<br \/><br \/><\/p>\n<ol style=\"list-style-type: upper-roman;\">\n<li>NOM DE DOMAINE IDENTIQUE OU SIMILAIRE AU NOM SUR LEQUEL UN DROIT EST RECONNU OU &Eacute;TABLI PAR LE DROIT NATIONAL ET\/OU EUROP&Eacute;EN<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le Requ&eacute;rant invoque des droits sur la d&eacute;nomination &laquo; SOVERIN &raquo;, en se fondant sur la marque verbale Benelux &laquo; SOVERIN &raquo; n&deg; 1531702 (d&eacute;pos&eacute;e le 29 ao&ucirc;t 2025) et la marque verbale internationale &laquo; SOVERIN &raquo; n&deg; 1891052 (d&eacute;pos&eacute;e le 8 septembre 2025 et d&eacute;signant notamment l'Union europ&eacute;enne, le Royaume-Uni et la Norv&egrave;ge), toutes deux enregistr&eacute;es au nom de sa soci&eacute;t&eacute; holding TSG Online BV, ainsi que sur sa d&eacute;nomination sociale et sur des &eacute;l&eacute;ments qu'il estime de nature &agrave; &eacute;tablir l'existence de droits non enregistr&eacute;s r&eacute;sultant d'un usage commercial continu de cette d&eacute;nomination depuis 2014.<\/p>\n<p>Le Tribunal observe toutefois que les deux marques verbales pr&eacute;cit&eacute;es sont enregistr&eacute;es au nom de la soci&eacute;t&eacute; holding TSG Online BV, et non du Requ&eacute;rant lui-m&ecirc;me. Il fonde d&egrave;s lors son appr&eacute;ciation, &agrave; titre principal, sur la d&eacute;nomination sociale et commerciale &laquo; SOVERIN &raquo; du Requ&eacute;rant &ndash; prot&eacute;g&eacute;e en droit n&eacute;erlandais ind&eacute;pendamment de tout enregistrement, notamment au titre de la Handelsnaamwet &ndash; ainsi que sur les droits non enregistr&eacute;s r&eacute;sultant de son usage commercial continu depuis 2014, lesquels constituent des droits propres au Requ&eacute;rant au sens du paragraphe B11(d)(1)(i) des R&egrave;gles ADR. Les marques enregistr&eacute;es au nom de la soci&eacute;t&eacute; holding, appartenant au m&ecirc;me groupe, ne sont retenues qu&rsquo;&agrave; titre subsidiaire, en ce qu&rsquo;elles confirment l&rsquo;existence de droits sur le signe &laquo; SOVERIN &raquo;.<\/p>\n<p>Le Tribunal estime que ces &eacute;l&eacute;ments sont suffisants pour &eacute;tablir l'existence de droits du Requ&eacute;rant sur la d&eacute;nomination &laquo; SOVERIN &raquo; au sens du paragraphe B11(d)(1)(i) des R&egrave;gles ADR.<\/p>\n<p>Conform&eacute;ment &agrave; une jurisprudence ADR constante, le Tribunal consid&egrave;re que le suffixe de premier niveau &laquo; .eu &raquo; est d&eacute;pourvu de port&eacute;e juridique dans l'appr&eacute;ciation de la similitude. Une fois ce suffixe neutralis&eacute;, le Nom de Domaine &lt;soverin.eu&gt; est identique &agrave; la d&eacute;nomination &laquo; SOVERIN &raquo; et aux marques invoqu&eacute;es.<\/p>\n<p>Le Tribunal consid&egrave;re par cons&eacute;quent que la condition pos&eacute;e au paragraphe B11(d)(1)(i) des R&egrave;gles ADR est remplie.&nbsp;<br \/><br \/><\/p>\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp;II. NOM DE DOMAINE ENREGISTR&Eacute; SANS QUE SON TITULAIRE AIT UN DROIT OU INT&Eacute;R&Ecirc;T L&Eacute;GITIME &Agrave; FAIRE VALOIR SUR CE NOM<\/p>\n<p>Le paragraphe B11(e) des R&egrave;gles ADR &eacute;num&egrave;re, de mani&egrave;re non exhaustive, les circonstances susceptibles de d&eacute;montrer l'existence d'un droit ou d'un int&eacute;r&ecirc;t l&eacute;gitime du D&eacute;fendeur :<\/p>\n<p>(1) avant la notification du litige, le D&eacute;fendeur a utilis&eacute; le nom de domaine ou la d&eacute;nomination correspondant au nom de domaine en relation &agrave; une offre de biens ou de services, ou d&eacute;montre avoir effectu&eacute; des pr&eacute;paratifs &agrave; une telle d&eacute;marche&nbsp;;<\/p>\n<p>(2) le D&eacute;fendeur, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une personne morale, d&rsquo;une organisation ou d&rsquo;une personne physique est g&eacute;n&eacute;ralement connu sous ce nom de domaine m&ecirc;me s&rsquo;il n&rsquo;existe pas, relativement au nom de domaine concern&eacute;, un droit reconnu ou &eacute;tabli par le droit national et\/ou par le droit de l&rsquo;Union europ&eacute;enne&nbsp;;<\/p>\n<p>(3) le D&eacute;fendeur utilise le nom de domaine de mani&egrave;re l&eacute;gitime et &agrave; des fins non commerciales et &eacute;quitables, sans que son objectif soit d&rsquo;induire le consommateur en erreur ou de porter atteinte &agrave; la r&eacute;putation d&rsquo;une d&eacute;nomination sur laquelle porte un droit reconnu ou &eacute;tabli par le droit national et\/ou par le droit de l&rsquo;Union europ&eacute;enne.&nbsp;<\/p>\n<p>Selon le paragraphe B7(a) des R&egrave;gles ADR, &laquo;&nbsp;Le Tribunal n'est pas tenu de mener sa propre enqu&ecirc;te sur les circonstances de l'affaire mais il a le droit de proc&eacute;der &agrave; une telle enqu&ecirc;te en vertu de son appr&eacute;ciation souveraine&nbsp;&raquo;. &Agrave; ce titre, le Tribunal rel&egrave;ve qu'&agrave; l'heure actuelle, le Nom de Domaine renvoie vers une page pr&eacute;sentant de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale le D&eacute;fendeur comme une &laquo; soci&eacute;t&eacute; holding de d&eacute;tention et de gestion de participations industrielles et financi&egrave;res &raquo;, avec les coordonn&eacute;es de contact (dont l'adresse&nbsp;<a href=\"mailto:contact@soverin.eu\">contact@soverin.eu<\/a>). Or, tant le Requ&eacute;rant que le D&eacute;fendeur indiquent, dans leurs d&eacute;positions respectives, que le Nom de Domaine ne pointait vers aucun site internet actif lors de l'introduction de la Requ&ecirc;te. Les pi&egrave;ces produites par le D&eacute;fendeur, et notamment son courriel du 6 juillet 2026, confirment d'ailleurs que cette page a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e post&eacute;rieurement &agrave; l'introduction de la Requ&ecirc;te.<\/p>\n<p>Le Tribunal rappelle toutefois qu'au regard du libell&eacute; tant du paragraphe B11(d)(1)(ii) des R&egrave;gles ADR, selon lequel le Requ&eacute;rant doit &eacute;tablir que &laquo; le Nom de Domaine a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; par le D&eacute;fendeur sans droit ni int&eacute;r&ecirc;t l&eacute;gitime sur ce nom &raquo;, que du paragraphe B11(e)(1), le moment de r&eacute;f&eacute;rence pour appr&eacute;cier l'existence d'un droit ou d'un int&eacute;r&ecirc;t l&eacute;gitime est celui de l'enregistrement du Nom de Domaine ou, au plus tard, celui de l'introduction de la Requ&ecirc;te (voir en ce sens CAC-ADREU-008668). Les changements de circonstances intervenus post&eacute;rieurement &agrave; cette date ne doivent d&egrave;s lors pas &ecirc;tre pris en consid&eacute;ration.<\/p>\n<p>Le Tribunal &eacute;carte d&egrave;s lors cette page d'accueil de son appr&eacute;ciation et fonde son analyse exclusivement sur l'utilisation all&eacute;gu&eacute;e du Nom de Domaine &agrave; des fins de messagerie &eacute;lectronique, seul usage invoqu&eacute; par les deux parties au moment pertinent.<\/p>\n<p>L'&laquo; utilisation &raquo; d'un nom de domaine n'&eacute;tant pas d&eacute;finie par les R&egrave;gles ADR, le Tribunal estime que l'usage d'un nom de domaine en tant qu'adresse de messagerie &eacute;lectronique constitue une utilisation au sens desdites R&egrave;gles, au m&ecirc;me titre que son utilisation pour rediriger les internautes vers un site internet. Rien ne permet en effet de consid&eacute;rer qu'un usage l&eacute;gitime d'un nom de domaine suppose n&eacute;cessairement l'exploitation d'un site internet accessible au public (voir notamment CAC-ADREU-006328 et CAC-ADREU-006864).<\/p>\n<p>Cette approche est &eacute;galement consacr&eacute;e par le <em>CAC .EU Overview 2.0<\/em> (<em>Overview of CAC Panel Views on Selected Questions of the Alternative Dispute Resolution for .EU Domain Name Disputes<\/em>), selon lequel la majorit&eacute; des tribunaux ADR consid&egrave;rent que l'utilisation d'un nom de domaine pour la correspondance &eacute;lectronique peut constituer un usage pertinent, &agrave; condition que cet usage soit d&eacute;montr&eacute; par des courriels effectivement produits et non par la simple mention de donn&eacute;es g&eacute;n&eacute;rales et abstraites, telles que le nombre d'e-mails envoy&eacute;s et re&ccedil;us.<\/p>\n<p>En l'esp&egrave;ce, le D&eacute;fendeur produit un nombre important de courriels s'&eacute;chelonnant de 2006 &agrave; 2026, d&eacute;montrant une utilisation effective du Nom de Domaine comme adresse de messagerie &eacute;lectronique. Ces courriels concernent notamment des &eacute;changes avec des banques, compagnies d'assurances, autorit&eacute;s publiques, fournisseurs, prestataires de services, universit&eacute;s et autres partenaires professionnels.<\/p>\n<p>Le Tribunal rel&egrave;ve toutefois que certaines correspondances ne permettent pas toujours d'identifier avec pr&eacute;cision le lien entre l'&eacute;change concern&eacute; et les activit&eacute;s propres du D&eacute;fendeur. Plusieurs courriels se rapportent notamment au &laquo; Vignoble du Ch&acirc;teau de Bousval &raquo; ou &agrave; d'autres activit&eacute;s exerc&eacute;es par des personnes utilisant une adresse &eacute;lectronique sous le Nom de Domaine. Pris isol&eacute;ment, ces &eacute;changes ne suffisent donc pas &agrave; d&eacute;montrer qu'ils s'inscrivent tous dans les activit&eacute;s propres de SOVERIN SA.<\/p>\n<p>Le Tribunal rel&egrave;ve n&eacute;anmoins que plusieurs courriels concernent directement les activit&eacute;s et la gestion de SOVERIN SA, entre autres en mati&egrave;re de d&eacute;clarations fiscales, de cartes de carburant, d'audits PEFC et de gestion financi&egrave;re. En outre, les recherches effectu&eacute;es par le Tribunal en application du paragraphe B7(a) des R&egrave;gles ADR confirment que SOVERIN SA exerce un mandat d'administrateur d&eacute;l&eacute;gu&eacute; au sein de STRUDELIMMO SA, soci&eacute;t&eacute; exploitant le Vignoble du Ch&acirc;teau de Bousval, ce qui explique &eacute;galement la pr&eacute;sence, dans certaines correspondances produites, de r&eacute;f&eacute;rences &agrave; cette activit&eacute;.<\/p>\n<p>Dans ces circonstances, le Tribunal estime que les &eacute;l&eacute;ments produits &eacute;tablissent un usage r&eacute;el, continu et l&eacute;gitime du Nom de Domaine avant l'introduction de la Requ&ecirc;te. &Agrave; supposer m&ecirc;me que cet usage ne puisse &ecirc;tre qualifi&eacute;, compte tenu de la nature des activit&eacute;s exerc&eacute;es par le D&eacute;fendeur en sa qualit&eacute; de soci&eacute;t&eacute; holding, d'utilisation &laquo; en relation avec une offre de biens ou de services &raquo; au sens strict du paragraphe B11(e)(1), il constitue &agrave; tout le moins un usage l&eacute;gitime et &eacute;quitable au sens du paragraphe B11(e)(3).<\/p>\n<p>En toute hypoth&egrave;se, et ind&eacute;pendamment de ce qui pr&eacute;c&egrave;de, le D&eacute;fendeur porte la d&eacute;nomination &laquo; SOVERIN &raquo; depuis 1999, soit sept ans avant l'enregistrement du Nom de Domaine et quinze ans avant la constitution du Requ&eacute;rant. Cette continuit&eacute;, confirm&eacute;e par la fusion intervenue en 2017, &eacute;tablit que le D&eacute;fendeur est commun&eacute;ment connu sous cette d&eacute;nomination au sens du paragraphe B11(e)(2), ind&eacute;pendamment de l'existence d'un droit de marque enregistr&eacute;.<\/p>\n<p>Au vu de l'ensemble de ces circonstances, le Tribunal estime que le Nom de Domaine n'a pas &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; par le D&eacute;fendeur sans droit ou int&eacute;r&ecirc;t l&eacute;gitime sur ce nom. La Requ&ecirc;te ne satisfait d&egrave;s lors pas &agrave; la condition pr&eacute;vue au paragraphe B11(d)(1)(ii) des R&egrave;gles ADR.<br \/><br \/><\/p>\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp;III. ENREGISTREMENT OU UTILISATION DU NOM DE DOMAINE DE MAUVAISE FOI<\/p>\n<p>D&egrave;s lors qu'il suffit au Requ&eacute;rant d'&eacute;tablir soit l'absence de droits ou d'int&eacute;r&ecirc;ts l&eacute;gitimes, soit la mauvaise foi du D&eacute;fendeur, le Tribunal examine &eacute;galement si la condition pr&eacute;vue au paragraphe B11(d)(1)(iii) des R&egrave;gles ADR est remplie.<\/p>\n<p>Le Tribunal a examin&eacute; les circonstances, &eacute;num&eacute;r&eacute;es de mani&egrave;re non exhaustive au paragraphe B11(f) des R&egrave;gles ADR, susceptibles de d&eacute;montrer que le Nom de Domaine a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; ou est utilis&eacute; de mauvaise foi, &agrave; la lumi&egrave;re des griefs formul&eacute;s par le Requ&eacute;rant. Il constate qu'aucune de ces circonstances n'est &eacute;tablie en l'esp&egrave;ce :<\/p>\n<ul>\n<li>Paragraphe B11(f)(1) &ndash; Enregistrement principalement en vue de la vente :<br \/><br \/>Le dossier ne contient aucun &eacute;l&eacute;ment permettant de consid&eacute;rer que le Nom de Domaine a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; ou acquis principalement en vue de sa vente, de sa location ou de son transfert au Requ&eacute;rant ou &agrave; un tiers. Il ressort des pi&egrave;ces que c'est le Requ&eacute;rant qui, en avril 2026, a pris l'initiative de proposer l'acquisition du Nom de Domaine. Le D&eacute;fendeur s'est limit&eacute; &agrave; refuser cette proposition, sans solliciter de paiement ni formuler de contre-proposition, ce qui tend au contraire &agrave; exclure que le Nom de Domaine ait &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; ou acquis dans une perspective sp&eacute;culative de revente.<\/li>\n<li>Paragraphe B11(f)(2) &ndash; Enregistrement dans le but d'emp&ecirc;cher le titulaire d'un droit d'utiliser le nom de domaine correspondant &agrave; sa d&eacute;nomination :<br \/><br \/>Cette hypoth&egrave;se n'est pas davantage rencontr&eacute;e. Le Nom de Domaine a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; le 14 juin 2006, soit huit ans avant la constitution du Requ&eacute;rant et plusieurs ann&eacute;es avant l'acquisition des droits invoqu&eacute;s par celui-ci. Il est d&egrave;s lors mat&eacute;riellement impossible que le D&eacute;fendeur ait enregistr&eacute; le Nom de Domaine dans le but d'emp&ecirc;cher le Requ&eacute;rant de refl&eacute;ter sa d&eacute;nomination dans un nom de domaine correspondant.<br \/><br \/>Au surplus, le Requ&eacute;rant dispose d&eacute;j&agrave; de nombreuses autres extensions reprenant la d&eacute;nomination &laquo; SOVERIN &raquo;, de sorte qu'il n'est nullement emp&ecirc;ch&eacute; d'exercer ses activit&eacute;s.<br \/><br \/>Le Tribunal rel&egrave;ve, &agrave; toutes fins utiles, que les hypoth&egrave;ses particuli&egrave;res &eacute;num&eacute;r&eacute;es aux points (i) &agrave; (iii) du paragraphe B11(f)(2), dont celle vis&eacute;e au point (ii) relative &agrave; l'absence d'exploitation pertinente pendant les deux ann&eacute;es suivant l'enregistrement, ne trouvent &agrave; s'appliquer que dans le cas o&ugrave; le Nom de Domaine a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; dans le but d'emp&ecirc;cher le titulaire d'un droit d'utiliser le nom de domaine correspondant &agrave; sa d&eacute;nomination. Cette condition faisant d&eacute;faut en l'esp&egrave;ce, il n'y a pas lieu d'examiner ces hypoth&egrave;ses.<br \/><br \/><\/li>\n<li>Paragraphe B11(f)(3) et (4) &ndash; Perturbation de l'activit&eacute; d'un concurrent ou utilisation intentionnelle du Nom de Domaine pour attirer des internautes en cr&eacute;ant un risque de confusion :<br \/><br \/>Le Tribunal ne retient pas davantage les hypoth&egrave;ses vis&eacute;es aux paragraphes B11(f)(3) et B11(f)(4). Aucun &eacute;l&eacute;ment du dossier ne r&eacute;v&egrave;le une volont&eacute; du D&eacute;fendeur de perturber l'activit&eacute; du Requ&eacute;rant, de cr&eacute;er un risque de confusion avec celui-ci ou d'attirer des internautes en tirant profit de la r&eacute;putation invoqu&eacute;e par le Requ&eacute;rant. Aucun site trompeur, aucune redirection vers le Requ&eacute;rant ou un concurrent, aucun contenu concurrent ni aucune autre circonstance de cette nature n'ont &eacute;t&eacute; &eacute;tablis. Les parties exercent par ailleurs des activit&eacute;s distinctes et disposent d'historiques ind&eacute;pendants.<br \/><br \/>L'all&eacute;gation selon laquelle le Nom de Domaine ferait l'objet d'une d&eacute;tention purement passive ou d'une absence d'utilisation est contredite par les &eacute;l&eacute;ments examin&eacute;s ci-dessus, lesquels d&eacute;montrent une utilisation effective et continue du Nom de Domaine comme infrastructure de messagerie &eacute;lectronique depuis 2006. Comme d&eacute;j&agrave; relev&eacute;, l'absence d'un site internet accessible au public ne suffit pas, &agrave; elle seule, &agrave; caract&eacute;riser une d&eacute;tention passive ou une utilisation de mauvaise foi, d&egrave;s lors qu'un usage l&eacute;gitime peut &eacute;galement r&eacute;sulter de l'utilisation du Nom de Domaine &agrave; des fins de messagerie &eacute;lectronique. Le grief tir&eacute; d'une pr&eacute;tendue mauvaise foi continue dans l'utilisation du Nom de Domaine repose d&egrave;s lors sur une pr&eacute;misse factuelle erron&eacute;e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le Tribunal constate ainsi qu'aucune des circonstances vis&eacute;es au paragraphe B11(f) des R&egrave;gles ADR n'est &eacute;tablie. Le Tribunal ne rel&egrave;ve par ailleurs aucune autre circonstance susceptible de caract&eacute;riser la mauvaise foi du D&eacute;fendeur.<\/p>\n<p>Le Tribunal conclut d&egrave;s lors que le Requ&eacute;rant n'a pas d&eacute;montr&eacute; que le Nom de Domaine a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; ou est utilis&eacute; de mauvaise foi. La condition pr&eacute;vue au paragraphe B11(d)(1)(iii) des R&egrave;gles ADR n'est d&egrave;s lors pas remplie.<\/p>",
    "decision": "<p>Pour l'ensemble des motifs qui pr&eacute;c&egrave;dent et conform&eacute;ment au paragraphe B12 des R&egrave;gles ADR, le Tribunal rejette la Requ&ecirc;te et ordonne le maintien du Nom de Domaine litigieux au nom du D&eacute;fendeur.<\/p>",
    "panelists": [
        "Didier Deneuter"
    ],
    "date_of_panel_decision": "2026-08-11 00:00:00",
    "informal_english_translation": "<p>I. Disputed domain name: soverin.eu<br \/><br \/>II. Country of the Complainant: The Netherlands, country of the Respondent: Belgium<br \/><br \/>III. Date of registration of the domain name: 14 June 2006<br \/><br \/>IV. Rights relied on by the Complainant (B(11)(f) ADR Rules) on which the Panel based its decision:<\/p>\n<p>Company\/trade name SOVERIN (SOVERIN BV), protected under Netherlands law (Handelsnaamwet), together with unregistered rights arising from continuous commercial use of the sign SOVERIN since 2014 &ndash; rights held by the Complainant itself;<\/p>\n<p>Benelux word trademark SOVERIN, reg. No. 1531702 (filed 29 August 2025, registered 11 November 2025), classes 9, 38 and 42 &ndash; registered in the name of the Complainant's holding company, TSG Online BV;<\/p>\n<p>International word trademark SOVERIN, reg. No. 1891052, designating the EU, the UK and Norway (filed 8 September 2025), classes 9, 38 and 42 &ndash; registered in the name of the Complainant's holding company, TSG Online BV.<\/p>\n<p>V. Response submitted: Yes<br \/><br \/>VI. Domain name is identical to the protected right\/s of the Complainant<br \/><br \/>VII. Rights or legitimate interests of the Respondent (B(11)(f) ADR Rules):<br \/>1. Yes<br \/>2. Why:<\/p>\n<p>The Respondent demonstrated continuous use of the disputed domain name as an email infrastructure since 2006. The Panel considered that use of a domain name for sending and receiving emails may constitute legitimate use under the ADR Rules, even in the absence of an active public website, provided that such use is supported by concrete evidence. The Respondent provided numerous emails dating from 2006 to 2026, showing actual use of email addresses under the disputed domain name for professional correspondence. The Respondent is furthermore commonly known under the name SOVERIN since 1999, well before the registration of the disputed domain name and the establishment of the Complainant.<br \/><br \/>VIII. Bad faith of the Respondent (B(11)(e) ADR Rules):<br \/>1. No<br \/>2. Why:&nbsp;<\/p>\n<p>The Panel found no evidence that the domain name had been registered or used in bad faith, including for the purpose of selling it to the Complainant, preventing the Complainant from reflecting its name in a corresponding domain name, disrupting the activity of a competitor, or attracting Internet users by creating a likelihood of confusion. The disputed domain name was registered on 14 June 2006, several years before the Complainant existed and before the Complainant acquired the rights relied upon in these proceedings. Furthermore, the alleged passive holding of the domain name was not established, as the domain name had been used for email correspondence since 2006.<\/p>\n<p>IX. Other substantial facts the Panel considers relevant: The Panel disregarded the recently created website associated with the disputed domain name, as it appeared to have been put online after the filing of the Complaint.<br \/><br \/>X. Dispute Result: Complaint denied<br \/><br \/>XI. Procedural factors the Panel considers relevant: None<br \/><br \/><\/p>",
    "decision_domains": [],
    "panelist": null,
    "panellists_text": null
}